Evacuons les boues
Bonjour à vous,
Nos esprits en colère et le grand "ya ka" pourraient penser qu'il suffit d'aspirer les boues ou d'ouvrir les vannes pour les évacuer.
D'autres, avant nous, tout aussi intelligents, y ont sans nul doute pensé.
Mais les choses sont-elles aussi simples? Certes, non. C'est pourquoi il nous faut étudier au mieux le problème avant d'agir, afin d'y remédier mais aussi de ne point en créer d'autres et de faire en sorte, qu'à l'avenir, une méthode d'entretien régulier puisse assurer la pérennité de ce canal.
Après nous pourrons commencer à rêver d'un jardin extraordinaire sur tout le parcours qui permettra à la ville de Dole de rayonner au delà de ses frontières, mais après seulement.
Avant tout, il faut préciser que le canal comprend deux parties:
-La partie amont, de l'entrée jusqu'à l'ensemble "cafés restaurants", rue du Prélot. Cette partie comporte nombre d'habitations et de riverains. Le niveau d'eau est proche du bord et doit être surveillé de près au risque de retrouver les inondations passées comme en 1983. Son impact touristique et économique est majeur, c'est le poumon du cœur de ville!
-La partie aval, qui va de la rue du Prélot jusqu'à la sortie sous la rue du vieux Château .
Remarques importantes:
- un dénivelé de plus d'un mètre la sépare de la zone amont .
-le niveau d'eau en temps normal est très en deçà du bord .
-Hormis " la table d'Anna", restaurant aujourd'hui inoccupé, ni commerces ni riverains.
Après avoir sécurisé la zone amont au regard des crues( 1983: côte à 4m92...niveau normal:2m50), malheureusement l'immobilisme semble s'être installé depuis longtemps. En particulier les niveaux de réglages des différentes vannes ont peut-être été fixés à l'optimum sans modifications de crainte de causer un jour des soucis sur ce secteur ou sur le canal voisin.
Sur le plan de l'irrigation du secteur, le canal des tanneurs est devenu parent pauvre comparé au canal " Charles Quint" puisque celui-ci a besoin de l'essentiel du courant pour la navigation à la belle saison.
Pour sécuriser la partie amont, la vanne d'entrée est dans une position à minima. Ce faible courant tente de descendre vers les restaurants mais l'eau chargée, proche du fond, bute aux deux passages intermédiaires , celui de gauche ne pouvant évacuer principalement que l'eau de surface., moins chargée en matières solides et donc les boues s'accumulent.
Quant à la vanne principale de séparation, (comportant deux portes), amont/aval ( café "Charles"), sa sortie est aujourd'hui obstruée . Il est impératif de trouver une solution pour la rendre à nouveau fonctionnelle, faute de quoi aucun avenir ne pourra être offert durablement à ce canal.( photos ci-jointes).
De mes réflexions, lorsque l'eau du Doubs monte, celle-ci pénètre principalement dans le chenal par l'aval jusqu'au niveau "café Charles".( l'ensemble rue du Prélot/ restaurants est la ligne séparative amont aval) .Durant ce mouvement, elle dépose ses impuretés. Lorsque" l'eau baisse", elle fait le chemin inverse et bénéficie d'un temps supplémentaire pour, à nouveau, déposer ses boues, et surtout lors des crues.
Le chenal ainsi s'envase , surtout dans sa partie aval , et plus vite encore vers la terrasse de "la table d'Anna" puisque le passage est obstrué et que le chenal à cet endroit forme un large coude.
Comme je l'ai expliqué précédemment, l'évacuation des boues dans le canal devient vital. Continuer à ne rien faire ne peut que conduire ce lieu à des incidents graves ne pouvant que porter atteinte au commerce et au tourisme local et entacher durablement l'image de la cité. Viendrait un jour où il faudrait alors nécessairement le combler à jamais et Dole perdrait ainsi sa poule aux œufs d'or.
Pour l'heure , je vois deux méthodes possibles:
La 1ère, artificielle, par aspiration, n'est guère envisageable étant donné les volumes considérables à traiter. Le coût serait énorme. Un rapide calcul: par exemple 2 hectares de superficie estimée de l'ensemble sur 1m d'épaisseur de boue ( c'est sans doute davantage), ce serait 20 000m³ de boues à évacuer par camions. Par contre, pour désengorger le passage vers le café"Charles", afin de le rendre fonctionnel, si aucune autre solution n'est trouvée ici, il faudra peut être s'y résoudre.
L'autre méthode consiste à utiliser le courant de la rivière de manière naturelle mais à des époques bien précises. En outre il sera indispensable de le faire en liaison étroite avec VNF et EDF puisque le canal des tanneurs communique avec le canal Charles QUINT.
Cette opération, délicate, ne peut s'effectuer durant la saison chaude, touristique, où de plus le niveau du Doubs est généralement bas, pas plus que durant la période de navigation sur le canal voisin.
Restent la fin d'automne et l'hiver. A mon sens les périodes idéales sont durant les décrues. En effet, durant ces moments, les volumes d'eau sont importants, donc une meilleure dissolution des vases et le phénomène " chasse d'eau" sera plus efficace, tout en risquant moins d'impacter les commerces et les riverains.
Si cette méthode venait à être adoptée, il sera nécessaire de l'appliquer chaque année. De mes observations ces dernières années, l'eau se fait de plus en plus rare. Les occasions d'agir le deviendront aussi.
Dans l'attente d'une action précise, je suggère de tester à la fluorescéine le passage " café Charles"( je répète sans danger pour l'environnement). Il serait bon aussi de tester l'épaisseur et la densité des vases. En effet des vases récemment installées peuvent s'évacuer aisément avec un fort courant. Il n'en est pas de même lorsqu'elles sont anciennes et souvent maillées de nombreuses racines de plantes qui peuvent agir comme le feraient des fers tors dans un béton.
Tous mes écrits ne sont que des pistes. Je n'ai sans doute pas tous les éléments en main mais , si l'on m'y invite, je ne demande qu'à travailler avec les parties concernées.
Enfin je rappelle ici que je serai reçu en mairie de DOLE le 7 juin prochain. J'espère de tout cœur, que par mes articles et votre soutien, une action en profondeur sera engagée!
Merci de votre attention
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